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 03 - Chapitre 3

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Shali-Virescent
Déesse de l'Annuaire Yaoi
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Messages : 52
Date d'inscription : 10/07/2014
Localisation : Gardanne

MessageSujet: 03 - Chapitre 3   Mar 13 Oct - 12:27


Chapitre 3


Note : Contenu pour adultes (scènes explicites) pour ce chapitre ! Nous passons à un niveau supérieure.

Note 2 : Je suis désolée, Wattpad me colle des mots ensemble et quand je commence les modifications, ils ne le sont pas u_u

* * *

Il avait senti son ami se lever avant lui alors qu'il était réveillé depuis un moment, mais Neige n'avait pas bougé du lit. Il n'en sortirait pas avant un moment. Il avait l'impression que des tambours tapaient dans sa tête et il avait mal au cœur. Il n'aurait jamais dû fanfaronner... mais ce qui lui faisait éviter de croiser Albert, c'était le baiser qu'ils avaient échangé. Neige s'était jeté sur lui, et ils avaient échangé un long et délicieux baiser. Il rougit violemment à ce souvenir et son bas-ventre fourmilla. Plongé dans ses pensées, il n'entendit pas le bois dans l'escalier craquer ni les pas s'approcher du lit.

« Tu vas encore rester planqué longtemps dans ce lit ? »

Il sursauta quand Eddric tempêta. Il se redressa pour le fusiller du regard, mais un gémissement passa ses lèvres et il eut un haut le cœur. Neige se recoucha, fébrile.

« Je savais bien que tu ne tiendrais pas même un verre, se moqua Eddric en venant s'asseoir à côté de lui.

— Tu es méchant, marmonna Neige.

— Réaliste, c'est tout. Bon, alors tu vas sortir de ce lit ? Albert est déjà parti, il est allé avec Damian et le prince visiter un village.

— Je ne me sens pas bien...

— Je sais et c'est pour ça que tu vas boire cette mixture ! »

Neige ouvrit les yeux et les posa sur le cuisinier. Ce dernier lui tendait un gobelet. Neige s'assit avec précaution et prit le verre ; il renifla le liquide à l'étrange couleur et grimaça.

« Ne fais pas ton précieux, c'est ce que je donne à Damian et Albert quand ils font trop la fête.

— Hm. »

Neige se pinça le nez et but d'une traite le contenu. L'expression de son visage se tordit de dégoût, et il déglutit péniblement.

« C'est pas bon...

— Je sais et c'est fait pour. Bon, alors qu'est-ce qu'il s'est passé hier soir ? demanda carrément Eddric en s'installant près de lui.

— Pourquoi ? »

Neige évita le regard inquisiteur du cuisinier, fuyant le contact.

« Parce qu'Albert avait l'air étrange ce matin.

— Ah bon ?

— Oui. Alors ? »

Neige se mordit la lèvre du bas et osa lever les yeux sur lui avant de les rabaisser aussitôt. Eddric ne lâcherait pas l'affaire.

« Il t'a monté ? »

Neige se figea, vira cramoisi et lâcha un « Noooon » indigné.

« Quoi ? Tu es mignon et tu ne le laisses pas indifférent, avoua Eddric tout simplement. Il nous parle de toi, très souvent. Et vu les regards coulants que tu lui lançais hier soir...

— C'est... c'est mais non!

— Neige, mon adorable petit Neige, soupira Eddric d'un air blasé.

— Il... on n'a rien fait enfin... on s'est juste embrassé », avoua le jeune homme avec une timidité excessive.

Eddric le fixa avec surprise et éclata de rire. Cela vexa Neige qui détourna la tête. Le cuisinier se rapprocha de lui et glissa deux doigts sous son menton pour tourner son visage vers lui.

« Ne boude pas, demanda-t-il avec douceur. C'est juste que... Albert est compliqué et qu'il n'est pas du genre à s'intéresser aux garçons.

— Je...

— Mais tu as l'air spécial pour lui. »

Neige frémit à la caresse sur sa joue sans dérougir. Eddric lui souriait avec douceur.

« Je glisserai un mot en ta faveur parce que je t'aime bien !

— Noooon ! s'emporta vivement le garçon.

— Allons, laisse-moi faire. »

Neige voulut le retenir, mais le cuisinier s'était déjà levé et quittait la pièce. Le jeune homme baissa les yeux sur les draps et soupira. Sa tête bourdonnait encore, mais la mixture semblait faire effet. Il se tassa quand Eddric lui demanda de quand même se dépêcher à sortir du lit.

* * * * * * * * * * * *

Allistair regardait le paysage depuis la fenêtre de sa chambre. Son père lui avait demandé de revenir à Clairvauds, la capitale, pour une réunion importante avec le conseil Il avait craint un début de conflit avec un de leurs voisins – après tout Kerlitt venait de changer de tête couronnée dans une guerre parricide – mais, non, il s'agissait de préparer une délégation qui irait dans ce royaume pour s'assurer de l'amitié de Leonart, le nouveau roi. Le sujet n'était pas bien loin pour le jeune prince, car leur hôte n'était pas du genre aimable.

Il ne resterait pas trop longtemps ici de toute façon. Allistair n'aimait pas vraiment la capitale et son père, mais il faisait bonne figure devant les gens. Ces mêmes personnes qui colportaient des rumeurs sur son handicap et venaient lui lécher les bottes après avec des sourires condescendant et des cadeaux. Des hypocrites qu'il aurait tôt fait de chasser ou même de les passer par le fil de l'épée – ils ne reviendraient pas – lorsqu'il serait roi.

Un soupir passa ses lèvres, et il leva la main pour glisser la pulpe de ses doigts sur celle du bas, un sourire vague se dessinant. Il avait embrassé Neige et pas qu'un peu. Un frisson le parcourut à cette pensée. Cela avait été agréable mais... Neige était un homme, et Allistair n'avait jamais pensé agir ainsi avec un homme...

Eddric s'était moqué de lui avec tendresse en lui disant que ce ne serait pas une mauvaise idée. Un roi préférant les mâles pourrait mettre leur pays dans la modernité, avait-il dit avant d'ajouter que Feren, le grand empire de la péninsule méridionale, était dirigé par un tel souverain et personne n'avait à redire à son administration. Bien au contraire ! Allistair avait mal pris la remarque et s'était enfermé dans ses appartements, laissant ses deux amis seuls et perplexes.

« Mais à quoi je pense ? » maugréa-t-il en se pinçant l'arête du nez.

Il était prince et fiancé. Il ne pouvait tout simplement pas changer de bord aussi facilement, ce n'était pas... normal ni possible. Pourtant... pourtant Neige était...

« Prince ? »

Il se retourna quand un domestique, après avoir frappé à la porte, pénétra dans ses appartements. Le garçon s'inclina avec révérence. Allistair le trouva mignon, mais pas autant que Neige. Il secoua la tête en grognant. A quoi pensait-il ?

« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il un peu trop sèchement.

— Dame Catherine souhaiterait votre présence pour le thé dans le jardin des tulipes. »

Le garçon était nerveux. La mauvaise humeur du prince n'aidait en rien et la demande n'arrangea pas la situation. Allistair grinça des dents et inspira. Ce n'était pas de sa faute, pas la peine de passer ses nerfs sur lui.

« Dites à ma fiancée que j'arrive.

— Entendu, votre Altesse. »

Le prince reporta son attention vers le paysage reposant tandis que la porte claquait légèrement. Il se reprit et sortit de la pièce en boitant. Il croisa de nombreux domestiques alors qu'il rejoignait le jardin des tulipes. Il se nommait ainsi depuis que feu la reine Lysaline, la mère d'Allistair, avait fait planté des tulipes d'un rouge profond dans cette partie du château. C'était la fleur préférée de la défunte, et le prince aimait s'y promener, mais, depuis l'arrivée de Catherine, un an plus tôt, c'était devenu sa hantise : la princesse avait décrété que le jardin était son préféré et qu'elle y prendrait son thé tous les jours.

Il s'approcha de sa dulcinée et la trouva en compagnie de sa mère. Si Catherine était ennuyeuse et ingénue, sa mère était une véritable marâtre. Certains disaient d'elle qu'elle était une sorcière qui jetait des sorts à tous les hommes s'approchant de trop près de la virginité de sa fille. Allistair, fils de roi, était un bon parti pour sa fille chérie alors c'était sans doute cela qui le protégeait de quelconques représailles.

« Mesdames, souffla-t-il en embrassant le dos de la main de chacune d'elles.

— Allistair, mon bien-aimé ! s'enthousiasma Catherine. Mère et moi parlions justement de vous. »

Le prince s'assit en face de la demoiselle. Aujourd'hui, elle portait une robe en soie sauvage bleu. Ses longs cheveux châtains étaient savamment tressés en une coiffure compliquée. Elle posa son regard brun sur son fiancé avec un sourire tendre et amoureux.

Au début, cela avait plu à Allistair. Catherine était le plus beau partie parmi les filles de la haute noblesse du royaume. Qu'une si charmante personne s'intéresse à lui de manière désintéressée l'avait séduit, mais, le temps passant, il ne la supportait plus. Catherine parlait en permanence de choses dont il se moquait : les robes et coiffures des femmes de la cour, les fils ou filles de tel ou tel couple, les bâtards du vieux Sigmund. Les cancans, la mode et les ragots ne l'intéressaient pas du tout.

« Comment était le temps à Fresne ? demanda Anne, sa belle-mère.

— Clair et chaud. Comme dans toutes les villes au sud du royaume.

— Je déteste la chaleur », se plaignit la princesse en s'éventant.

Anne leva les yeux au ciel dans une expression pincée. Sa fille pouvait être capricieuse, pensa-t-elle. Sans doute était-ce de sa faute pour l'avoir élevée seule quand son mari fut mort. La veuve rangea une mèche noire derrière son oreille. Contrairement à Catherine, Anne était une femme austère qui ne portait que rarement des couleurs vives et chaleureuses. Même dans sa coiffure stricte et son maquillage sombre, on pouvait voir son tempérament froid. C'était à se demander comment elle avait pu avoir une fille si vivante, pensa Allistair.

Un domestique coupa court à ses pensées en amenant le thé. Il servit tout le monde et s'éclipsa sans bruit. Le prince attrapa une cuillère et la tourna dans sa tasse. Dieu qu'il n'aimait pas le thé... mais son père lui reprocherait de ne pas s'occuper de sa future épousée alors il faisait des efforts.

« Allistair, mon aimé ?

— Hum ? Pardon, j'étais plongé dans mes pensées.

— Ce n'est rien, sourit Catherine. Je vous demandai pourquoi Tempête n'était pas rentré avec vous.

— Le pauvre a eu la patte foulée lors d'une partie de chasse, soupira tristement Allistair. J'ai dû me résoudre à le laisser chez des paysans et non pas à Fresne.

— Quelle horreur ! glapit-elle avant de poser sa main sur la sienne. J'espère que tout ira bien et que ces gens prendront bien soin de lui, il vous est si cher ! »

Allistair releva les yeux sur elle. Autant elle pouvait le lasser, autant, quand il s'agissait d'animaux, elle pouvait remonter dans son estime.

« Oui, je leur fais confiance, sourit Allistair pour la rassurer. Ce sont de braves personnes. »

Elle serra sa main et passa à un autre sujet, monopolisant toute la conversation sans vraiment attendre de réponse de la part de sa mère et de son fiancé.

Quand il les quitta enfin, Allistair marcha jusqu'au casernement. Il avait besoin de se défouler un peu. A cause de son handicap, les soldats n'osaient pas se battre contre lui à l'épée alors, depuis douze ans, Allistair parfaisait son art au tir à l'arc. Et, selon les dires de Damian et du vieux Philippe, il était très doué. Il n'avait pas à bouger de trop les jambes, juste à rester fixe et concentré. Alors qu'il visait le centre de la cible, il se reprit à penser à Neige. Neige et... ses lèvres. Il tira et rata. Il recommença une fois, deux fois sans jamais toucher bon.

« Eh bien, à quoi penses-tu pour être si déconcentré ? C'est Catherine qui te fait perdre tous tes moyens ? »

Il se tourna et trouva Damian en armure. Il fronça les sourcils. Damian avait été assigné à sa protection depuis l'accident alors que faisait-il ainsi accoutré ?

« Je pars pour trois jours avec le capitaine Jorik, répondit Damian à la question silencieuse.

— Oh ? Tu m'abandonnes ?

— Ouais, marre-toi, grogna Damian en se plantant à côté de lui. Tu vas rester seul ici avec ta dulcinée.

— Ou pas. »

Le capitaine l'observa avec attention. Son front se plissa, et il croisa les bras sur son torse.

« Il est hors de question que tu quittes Clairvauds.

— Où veux-tu que j'aille tout seul avec ma jambe en bois ? railla le prince avec humour.

— Je ne sais pas, commença par dire son ami. Peut-être dans une certaine chaumière de Verteronce ? »

Le prince rougit légèrement et détourna le regard pour le poser sur la cible en paille.

« Allons, arrête de dire des bêtises ! gronda le noble.

— Je suis sérieux, Allistair, souffla Damian. Tu vas me dire que c'est pour Tempête et, même si c'est partiellement vrai, tu vas surtout retrouver ce garçon.

— Ne me fais pas la morale, marmonna le prince.

— Je ne me permettrais pas. »

Le capitaine expira doucement en secouant la tête. Il vint poser sa main sur l'épaule de son protégé.

« Vous vous êtes embrassés... »

Allistair se tourna vers lui, la bouche ouverte. Il cligna des yeux. Ses yeux prirent une lueur dangereuse et il regarda autour d'eux.

« N'en parle pas ici !

— All', je suis sérieux.

— Moi aussi !

— Non, tu ne sais pas ce que c'est que d'être avec un homme.

— Si. Je le sais bien.

— Je ne te parle pas d'amitié, je te parle de sentiments, de... sexualité, finit-il à voix basse. »

Le prince détourna à nouveau la tête et ne lâcha pas la cible des yeux.

« Justement, j'y pense et trop souvent.

— Tu veux en parler ? »

Le prince marcha un peu, soucieux et perdu dans ses pensées.

« Je n'ai jamais ressenti ça pour une femme, que ce soit avant ou après... l'accident, avoua-t-il après hésitation. Je ne sais pas vraiment comment être avec lui, j'ai apprécié le baiser, mais il était ivre et, moi, pas tellement mieux.

- Un petit peu mieux quand même », rit Damian.

Cela tira un sourire au prince.

« Alors va le trouver et parle avec lui, lui conseilla le capitaine. Au moins, tu seras fixé s'il te rejette, mais comme te disait Eddric : vu comme il te regardait lors du repas, je pense qu'il ressent une certaine attirance pour toi.

— Tu m'as dit que je ne devais pas quitter le château !

— Oui, mais je pars pour trois jours et je ne serai pas là pour te surveiller. »

Un sourire de connivence se dessina sur leurs lèvres, et le prince rit en secouant la tête. Il prit une longue inspiration et invita son protecteur à partager un dernier verre avant son départ.

* * * * * * * * * * * *

Allistair était assis à table, un verre d'eau à la main. Il ne se sentait pas spécialement à son aise alors que Till ne le quittait pas des yeux. Le dernier des pères de Neige était un homme étrange. Âgé de trente et un ans, il n'était ni marié, ni fiancé comme ses frères. Il vivait encore chez Granny et on ne savait pas vraiment qui aidait l'autre. Neige lui avait expliqué que Till était limité mentalement mais très gentil. Bien qu'il ne sache pas doser sa force, le petit dernier de la fratrie se montrait toujours de bonne volonté pour aider quiconque le lui demandait. Et le prince se tenait face à lui sans savoir quoi lui dire.

« Je te remercie de t'occuper si bien de Tempête, osa-t-il dire pour briser le silence gênant.

— De rien. »

L'homme lui offrit un large sourire.

« Neige rentre bientôt ?

— Petit flocon de neige, chantonna Till. Quand l'hiver arrivera, il fera si froid, petit flocon de neige ! »

Allistair essaya de retenir un soupir las. Il se demanda ce qu'il faisait ici ! Il aurait dû rester dehors ou près de Tempête, mais, non, il avait accepté de rentrer dans la maison alors que le temps se couvrait et tournait à l'orage. Déjà des gouttes commençaient à tomber alors qu'il patientait.

Il frémit quand un coup de tonnerre retentit. La porte s'ouvrit brusquement, et Neige entra dans la demeure. Le prince se redressa comme il put et sourit à la vue du garçon. La pluie commençait à s'intensifier et le nouvel arrivant était trempé.

« Till, Till, une serviette vite ! rit le Neige. »

Ce dernier s'approcha et se stoppa net quand il découvrit le prince.

« Al-Albert ? Depuis quand es-tu ici ?

— Je suis arrivé avant la pluie.

— Oh ! »

Neige sursauta quand son père lui posa une large pièce de tissu sur la tête et la lui frictionna. Il éclata de rire avant de le repousser gentiment pour s'essuyer lui-même les cheveux.

« J'espère que mon père ne t'a pas trop embêté, sourit Neige en s'approchant du prince.

— Non, il a été de bonne compagnie. »

Les deux hommes se regardèrent, replongeant la pièce dans le silence seulement brisé par le tonnerre. Bientôt les éclairs zébreraient le ciel. Les orages d'été étaient aussi éphémères qu'ils étaient violents. Cela ne durait jamais plus d'une heure ou deux, mais ils faisaient sortir de leur lit rivières et lacs et inondaient souvent les maisons en contrebas.

Neige hésita et finit par inviter Allistair à monter dans les combles. Là se trouvait sa chambre depuis qu'il était en âge de dormir seul. Granny et Victor avaient souhaité lui offrir une des pièces que les garçons avaient occupé étant enfant mais Neige préférait rester sous le toit où il se sentait au plus près de la nature.

On y accédait par un escalier assez raide mais pourvu d'une rambarde, alors Allistair ne galéra pas de trop. Neige ouvrit la porte et passa le premier, légèrement excité de faire entrer un étranger dans son repère.

« Désolé pour... les livres éparpillés partout, s'excusa-t-il malgré tout.

- Ne t'inquiète pas.'

Pendant que Neige rangeait sommairement la pièce, Allistair inspecta les recoins. C'était plutôt grand mais le toit en descente faisait qu'à certains endroits, on ne pouvait pas tenir debout. Une fenêtre avait été construite pour amener de la lumière, et la pluie battait contre les carreaux dans un bruit sourd. De ça, de là, il y avait des livres, un bureau dans un coin et une armoire. Le lit trônait juste sous la fenêtre.

« Tu-tu peux t'asseoir si tu veux, souffla Neige devenu timide.

— Merci. »

Allistair s'avança en traînant un peu la jambe. Il avait chevauché toute la journée et la prothèse commençait à le gêner, sa cuisse le tirait un peu. Il s'assit sur le lit et se massa la jambe des deux mains.

« Tu as mal ?

— J'ai chevauché depuis Clairvauds mais ça va passer si je reste au calme.

— Clairvauds ? s'exclama Neige avec surprise. Mais tu es fou, c'est à...

— Je sais, à presque une journée d'ici. »

Neige ouvrit la bouche et la referma aussitôt devant le sourire amusé du prince. Il se retourna pour changer rapidement de tenue et vint prendre place à côté de lui. Il croisa les mains sur ses cuisses, hésitant. Il l'observait se masser ses muscles en se demandant pourquoi Allistair avait fait autant de chemin pour venir.

« Tu sais, on s'occupe bien de Tempête, dit-il.

— Je sais, mais je ne viens pas voir mon cheval. »

Neige rougit et détourna le regard. Il pensa au baiser qu'ils avaient échangé et aux paroles d'Eddric le lendemain. Un frisson le parcourut quand il sentit le dos des doigts du prince caresser sa joue.

« Je suis venu te voir, souffla Allistair. Parce que je me pose plein de questions depuis... l'autre soir. »

Neige avala difficilement et laissa son ami lui tourner le visage. Il évita son regard, mais Allistair insista, aussi finit-il par l'affronter.

« Je crois que tu me plaies beaucoup, murmura Allistair. Je n'ai pas l'habitude...

— Eddric me l'a dit... que tu n'étais pas intéressé par les hommes.

— Il devrait apprendre à se taire celui-là, marmonna le prince avant de secouer la tête. Mais oui, de ça mais aussi de... d'être attiré par une personne juste pour... elle, pour ce qu'elle est. »

Neige le regarda avec perplexité, il ne comprenait pas ce que son ami essayait de dire.

« Les gens ne s'intéressent pas à moi pour ce que je suis vraiment, ils voient le... second du capitaine de la garde princière. Pas Albert. Les filles adorent l'uniforme.

— Oui. C'est vrai mais ça ne te définit pas, sourit timidement Neige.

— C'est ce que j'aime en toi, cette simplicité et je n'ai pas l'habitude.

— Alors les gens que tu côtoies sont idiots ! » annonça Neige avec un aplomb qui le fit sourire.

Allistair approcha son visage et leurs lèvres se frôlèrent. Un long frisson remonta le long du dos du prince, et il ferma les yeux. Il voulait juste profiter du moment et, si son camarade le repoussait, il saurait et ne ferait rien de plus.

A sa grande surprise, Neige répondit au baiser, d'abord avec hésitation puis avec plus de fermeté. Quand la langue d'Allistair caressa ses lèvres, il les ouvrit et se laissa emporter par la fièvre. Ses mains se posèrent sur le torse du prince et remontèrent lentement jusqu'à s'enrouler autour de son cou. Celles du noble se placèrent sur sa cuisse et sur sa hanche. Le baiser s'intensifia, devint plus fiévreux et urgent et les deux hommes se pressèrent l'un contre l'autre.

Allistair frémit une nouvelle fois quand Neige le tira contre lui. Il se retrouva au-dessus de lui, le garçon allongé sur le lit, lui entre ses cuisses. Le baiser ne semblait pas avoir de fin et les caresses se multipliaient, chacun découvrant le corps de l'autre avec avidité. Le prince se sentit réagir, son membre prenant place et forme dans son pantalon. Il rougit violemment et brisa le baiser, le souffle court.

« Qu-Quoi ? s'inquiéta Neige.

— Je... ça va vite », murmura Allistair.

Neige avala difficilement. Lui aussi était excité. Son cœur battait fort dans son torse, et il désirait Allistair. Dehors, l'orage était toujours aussi fort et la pluie battait la vitre au-dessus du lit dans un bruit fracassant. Cela donnait une atmosphère encore plus intime et vibrante.

« C'est... pas bien ? » osa demander le plus jeune.

Allistair scruta les expressions de son visage. Neige était si désirable avec ses joues rougies et ses lèvres gonflées. Jamais il n'aurait imaginé bander sous les caresses d'un homme. Pouvait-il aller plus loin ? Son esprit était plein de doutes alors que son corps ne réclamait que ça : le corps de Neige, le sentir contre lui et le prendre pour assouvir ce désir.

Il ferma les yeux et inspira lentement pour faire le vide dans son esprit. Devait-il aller plus loin ? L'appréhension et l'incertitude le hantaient, mais il tressauta quand Neige le tira à nouveau à lui pour l'embrasser. Lui semblait sûr de ce dont il avait envie. Une main indiscrète s'insinua entre eux pour venir caresser le membre douloureux du prince encore prisonnier, et il gémit. Les doigts se firent plus indiscrets et ce fut comme s'ils ouvraient une porte : Allistair se laissa aller à répondre à son amant et, quand Neige commença à délacer le pantalon, il n'y eut plus aucun doute.

Tout alla vite. Deux pantalons furent baissés, des caresses furent partagées. Neige se retourna, offrant sa croupe au prince qui cracha sur ses doigts pour enduire membre et intimité avant de s'insinuer en lui dans de lentes poussées. Neige ressentit de la douleur et serra les dents, mais il savait que le plaisir viendrait bientôt. Il avait déjà partagé des étreintes plus brutales.

Allongé sur le corps pale, Allistair se mit à le besogner avec envie. C'était si bon, bien meilleur qu'avec une femme, de se sentir emprisonné de la sorte. L'intimité de Neige était serrée et chaude, se contractant à chaque fois qu'il tapait en lui. Très vite, il frôla quelque chose, ce fut des piques de plaisir qui s'emparèrent de lui, lui faisant pousser un râle. L'orage semblait répondre à la pression qui grimpait dans leur corps.

Sous le prince, Neige gémissait et poussait de petits cris délicieux. La douleur refluait et le plaisir prenait le pas dans ses veines. Il se tendit quand les dents et les lèvres d'Allistair le marquèrent sur la nuque. Des mains pressaient ses hanches et le membre viril de son amant percutait son point de plaisir avec acharnement. Relevant un peu les fesses, il empoigna son propre organe pour combler le manque jusqu'à jouir dans un soupir bruyant. Allistair le suivit et explosa en lui en poussant un râle plaintif.

Cela avait été rapide et pressant. Fiévreux et fort. Ils n'échangèrent aucun mot alors que leur respiration revenait lentement et que leur cœur se calmait.

Neige n'osa pas bouger, il savait qu'il allait avoir du mal à marcher et même à se mouvoir pendant quelques heures. Il sourit et frissonna au baiser qu'Allistair posa sur sa nuque et ferma les yeux. Le prince s'installa à côté de lui après s'être retiré et fit de même, sa main caressant négligemment la hanche de son amant. Il se sentait bien, apaisé.

* * * * * * * * * * * * *

Allistair caressa avec douceur la joue de Neige. Ce dernier rosit et se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser. La veille, ils avaient uni leurs corps avec empressement. Ils s'étaient endormis l'un contre l'autre et, une fois réveillés, ils avaient partagé un peu de tendresse comme deux adolescents au moment de leurs premiers émois. Granny et Till étaient arrivés sur ces entre-faits, et la vieille femme avait proposé au prince de rester avec eux. La route jusqu'à Fresne était inondée et dangereuse après un orage. Une chambre fut apprêtée et un repas préparé dans la bonne humeur. Au milieu de la nuit, Neige l'y rejoint pour une nouvelle étreinte tout aussi passionnée mais plus silencieuse. Et, maintenant, ils étaient là, près de la grange, cachés des regards.

« Je dois retourner à Clairvauds.

— Je sais, souffla Neige en glissant sa main sur celle de son amant.

— Je reviendrai quand je le pourrai. »

Neige lui sourit avec joie. Ils n'avaient pas beaucoup discuté, mais cela n'avait pas été utile. Les yeux d'Allistair parlaient pour lui.

« Je serai ici. »

Allistair rit à cette réponse et embrassa à son tour le jeune homme avant de monter en selle, posant son faux pied en premier dans l'étrier puis en basculant sa jambe de chair et de sang ensuite de l'autre côté.

« Tu as fier allure, monseigneur ! rit Neige en reculant d'un pas.

— Moque-toi ! »

Neige éclata de rire, tirant un sourire à son amant qui talonna son alezan. Il était tôt, le soleil se levait à peine alors il serait à Clairvauds avant la fin de la journée. Granny lui avait préparé de quoi manger et boire en chemin. Ce fut donc le cœur léger qu'il prit le chemin de la capitale. Pour ne pas tuer son cheval, il s'arrêta de nombreuses fois, dégustant les gâteaux et autres gourmandises que la grand-mère lui avait glissé dans le sac.

Quand il arriva au château, le soleil se couchait à peine, et sa monture commençait à montrer des signes de fatigue. Lui aussi d'ailleurs. Sa prothèse le faisait souffrir affreusement, mais, s'il voulait être là quand Damian rentrerait, il avait dû cravacher. Il arriva aux écuries et un gamin accourut pour prendre les rênes.

« Votre Altesse, je m'occupe de votre monture.

- Bien. »

Le prince attrapa ses affaires et se dirigea vers ses appartements. Le chemin lui sembla long et éreintant, et sa démarche difficile. Ce ne fut que lorsqu'il se laissa tomber sur son lit qu'il lâcha un soupir de soulagement. Il grogna quand on frappa à sa porte et que son valet de chambre fit irruption.

« Mon prince. »

Le petit blond s'inclina profondément.

« Avez-vous besoin de quelque chose ? Un bon bain bien chaud, peut-être ? »

Allistair se redressa vivement, lâchant un gémissement, et fixa son domestique avec un grand sourire.

« Oui. Bonne idée, Henri, fais-moi couler un bain, demanda le prince. J'en ai bien besoin, ces deux jours de balade m'ont exténué ! »

Henri quitta la pièce en vitesse et Allistair attendit jusqu'à ce que les autres remplissent la baignoire près de la cheminée. Une fois pleine, ils laissèrent l'héritier seul. Jamais il n'avait voulu qu'on l'aide pour se déshabiller ou se rhabiller à cause de son handicap. Il s'approcha donc du gros baquet et s'assit sur la chaise pour retirer sa prothèse. Il la posa délicatement à côté avant de se glisser dans l'eau, poussant un soupir d'aise.

L'eau chaude fit un bien fou à ses muscles endoloris. Il ferma les yeux et se détendit. Un sourire ourla ses lèvres tandis qu'il repensait à Neige et à leur nuit. Un doux frisson le parcourut et sa main s'aventura entre ses cuisses.

Neige et sa peau pale se colorant de rose sous l'excitation...

Neige et les sons délicieux qui sortaient de sa bouche alors qu'il se mouvait en lui...

Cela le fit tressaillir et il se caressa avec plus de vigueur. Le bain était chaud, son corps aussi et son esprit s'embrouilla.

* * * * * * * * * * * * *

« Tu as quoi ? » cria Eddric en posant les mains sur ses hanches.

Le cuisinier se tenait à côté de lui, le visage rouge de colère. Allistair s'était confié à eux avec timidité sans vraiment trop rentrer dans les détails, pourtant Eddric était là à lui crier dessus.

« Tu l'as pris, comme ça ? Mais tu es inconscient, stupide !

— Chéri...

— Non, il n'y a pas de chéri qui tienne, gronda son jeune amant. Ce type est un idiot !

— Mais de quoi tu parles ? Explique-moi au lieu de t'emporter comme un putois. »

Le cuisinier lui offrit une baffe derrière le crâne, et Allistair se redressa en le fusillant du regard. Damian poussa un lourd soupir avant de taper du poing sur la table pour les calmer. Il invita sa moitié à venir s'installer près de lui et à son prince de reprendre place.

« Eddric, il n'a jamais été avec un homme, temporisa le capitaine. Il ne pouvait pas savoir...

— Savoir quoi ? s'énerva le prince.

— Qu'il faut préparer le terrain, souffla Damian avec un sourire amusé.

— Préparer le terrain, répéta Allistair. Le terrain... ?

— Oui, il faut préparer ton partenaire sinon tu peux le faire saigner dans le meilleur des cas, le déchirer dans le pire... »

Allistair pâlit, sa gorge se noua et sa tête lui sembla lourde.

« Mais Neige...

— ... n'a sans doute jamais pensé que le sexe avec un homme pouvait être autre chose qu'un rapport de force, contra Eddric. Un idiot lui aussi ! Ces paysans, je vous jure...

— Mais il a déjà... enfin il a déjà fait ça, il s'est confié à moi, reprit Allistair avec inquiétude.

— Ton Altesse, je crois qu'on va devoir t'expliquer comment ça se passe quand deux hommes se sautent dessus... »

Eddric poussa un lourd soupir tandis que Damian jetait un regard mi-amusé, mi-inquiet à son protégé. Le couple allait partager ce savoir avec Allistair, mais il se demanda jusqu'où Eddric irait dans ses explications. Il ne voulait pas étaler sa vie sexuelle devant les autres, et encore moins devant celui qu'il considérait comme son jeune frère. Pourtant, c'est ce que fit le cuisinier... leur conversation fut des plus détaillées, et le prince passa par toutes les couleurs. Sodomie, fellation, jeux coquins, baumes et onguents, positions et pénétration. Tout y passa jusqu'à ce que le prince abdique en posant la tête sur la table.

« J'ai... compris..., murmura-t-il à bout de force.

— Tu as intérêt ! grogna le cuisinier. On ne partage pas tout ça avec toi pour que tu ne t'en serves pas.

— Et ce n'était pas la peine d'aller dans les détails...

— Je ne pense qu'à leur bonheur », contra le rouquin avec un sourire angélique.

A ces mots, Allistair sembla se perdre dans ses réflexions. Leur bonheur, cela voulait-il dire plus qu'une simple passade ? Plus que de désirer Neige ? Il était prince et fiancé, il ne pouvait pas voir plus loin. Il pensa alors à Catherine. Elle n'avait jamais suscité la même envie chez lui et cela commença à l'inquiéter un peu.

Devant lui, Damian et Eddric installaient la table pour le souper du soir. Il les observa avec plus d'attention et sourit. Ces deux hommes formaient vraiment un couple uni. Il se plut à les jalouser. Aurait-il un jource bonheur ?


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