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 02 - Chapitre 2

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Shali-Virescent
Déesse de l'Annuaire Yaoi
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Messages : 52
Date d'inscription : 10/07/2014
Localisation : Gardanne

MessageSujet: 02 - Chapitre 2   Jeu 10 Sep - 16:30


Chapitre 2



Chap. 2
Il s'agit de la version brute en cours de correction !

Deux jours s'étaient écoulés depuis sa rencontre avec Neige et sa famille.
Le seigneur Gustave avait été horrifié d'apprendre sa mésaventure mais le prince l'avait rassuré que ce n'était dû qu'à sa négligence. Ce dernier point avait été plus qu'approuvé par Damian, debout au garde à vous derrière lui. Gustave avait souhaité envoyer quelque chose à la famille pour les remercier mais le prince le lui interdit, il ne désirait pas faire connaître son identité.

« Tu vas m'en tenir rigueur longtemps ? grogna Allistair en sortant du bureau de Gustave.
- Jusqu'à ma mort.
- Damian... je t'ai déjà présenté mes excuses alors maintenant arrête. Tu en as parlé à mon père ?
- Pas encore.
- Tu n'as pas intérêt ou je fais retenir ça sur ta solde, contra le prince. »

Le capitaine se stoppa et le fixa sombrement. L'aplomb d'Allistair lui prouva qu'il ne plaisantait pas et il finit par secouer la tête dans un soupir las. Il suivit son protégé en restant un pas derrière lui. Même s'il portait ce qui se faisait de mieux en prothèse, Allistair boitait et marchait plus lentement que la normale. Cela ne dérangeait pas vraiment Damian qui s'occupait de lui depuis des années.

« Et sinon, tu vas aller voir Tempête ?
- Oui, je pensais y aller après le repas, répondit le prince. J'apporterai une tourte pour Neige et sa famille, tu demanderas à Eddric de m'en préparer une ? »

Ce fut un ricanement qui lui répondit et il jeta un regard de travers à son second.

« Tu me fais part de ta plaisanterie ?
- Du tout. Il n'y a rien du tout. »

Allistair lui lança un regard venimeux alors qu'ils approchaient du logement de Damian. Le capitaine ouvrit la porte et invita le prince à entrer. Une bonne odeur leur arriva aux narines et ils sourirent, oubliant leur dispute.

« Ta femme est à la maison, se moqua gentiment Allistair.
- S'il t'entend dire ça, prince ou pas, tu es mort, marmonna Damian.
- Qui est mort ? »

Les deux hommes tournèrent la tête vers la voix et le capitaine sourit tendrement. Eddric se séchait les mains avec un torchon et il s'approcha d'eux.

« Alors qui est mort ? J'espère que c'est cet idiot de Conrad, il a encore volé dans les cuisines du seigneur Gustave pour une de ses poules, railla le jeune homme en parlant des filles que le soldat ramenait.
- Tu y vas fort avec mes hommes, se plaignit Damian en se penchant sur lui pour lui offrir un baiser.
- Ils le méritent, marmonna Eddric. Même toi, ton Altesse ! »

Allistair rentra la tête dans ses épaules et s'enfuit jusqu'à la table où il prit place. Il s'accouda à la table et fixa le couple avec un sourire. Eddric avait vingt-huit ans, il était plus âgé que lui, de deux ans à peine. Roux avec des tâches de rousseur clairsemant toute sa peau pale, il était fin et élancé. Pourtant, il pouvait porter une cagette bien remplie sans aucune aide. Ses yeux verts jetaient des regards venimeux à tout le monde sauf quand il se posait sur Damian – enfin quand ce dernier n'avait pas fait une bêtise ou ne l'avait pas contrarié. Là, ils se remplissaient de d'amour et de tendresse. Les deux hommes vivaient ensemble depuis maintenant cinq ans et les gens autour d'eux s'étaient habitués à cet étrange couple. Le capitaine – âgé de neuf ans de plus – s'était entiché du garçon sans y voir plus que quelques nuits partagées ; c'était sans compter le caractère déterminé d'Eddric qui n'avait pas lâché l'affaire et l'avait poussé dans ses retranchements, se l'attachant jusqu'à ce qu'ils aménagent ensemble dans une petite maison aux abords du château du roi Stephan. Damian prenait toujours un air gêné quand il racontait cette histoire parce qu'il avait la sensation de s'être fait mener par le bout du nez quand bien même il adorait et aimait son amant. C'était déroutant pour Allistair de le voir si... timide. Et il était assez drôle de voir ses deux camarades : Damian était un géant à côté de son jeune amant qui faisait une tête et demie de moins que lui.

« Tu l'auras, ta tourte, grogna Eddric en apportant le repas. Heureusement que nous en avons préparé un bon paquet en cuisine.
- Je te remercie, sourit le prince en lui attrapant un des plats. »

Damian amena un pichet de vin et s'installa près de son amant. Eddric était cuisinier. Un très bon cuisinier et Allistair l'amenait avec lui quand il quittait le château de son père. Autant pour être sûr de manger correctement que pour faire plaisir à son capitaine. C'était le seul caprice qu'il s'accordait.

« C'est bien la première fois que tu offres quelque chose sans arrière pensée, lâcha Eddric tandis que Damian les servait.
- C'est juste une tourte... et tu es médisant.
- C'est quand même un cadeau et j'ai raison : rappelle-moi le cadeau que tu as offert à la petite de Brandt pour l'avoir dans ton lit ? contra Eddric avec un sourire moqueur.
- Eddric...
- Quoi, tu me l'as dit toi-même encore ce matin, s'exclama-t-il en regardant son amant. Que notre bon prince s'intéressait à ces gens.
- Mais ce n'est rien d'autre qu'une tourte, gronda Allistair en tapant du poing sur la table. Ces braves gens s'occupent de Tempête et si Neige ne m'avait pas croisé et ramené chez lui...
- Je sais, tu serais sans doute mort blablabla... »

Eddric mima avec sa main la fin de sa phrase et il fut remercié par un regard noir. Allistair se tut, vexé. Il n'aimait pas les sous-entendus que ces paroles semblaient annoncés. Bon, il était vrai que la condition des autres ne l'intéressait pas mais Neige et sa famille s'étaient occupés de lui durant ce jour et demi et Tempête était à leur charge, il pouvait bien se montrer aimable ?

« Allez, Ton Altesse, ne fais pas ta tête de cochon et mange ce repas que j'ai préparé avec amour et dévotion pour ton royal estomac ! »

Allistair le regarda en faisant le poisson puis il finit par secouer la tête en riant. Le repas commença alors et, tout en buvant et mangeant, ils discutèrent de tout et de rien. Surtout de rien car Allistair détestait parler des choses importantes lorsqu'ils étaient avec eux. Le mariage, la succession, sa place dans le royaume... ils avaient déjà longuement partagé sur le sujet et ils avaient décidé de ne plus gâcher leur repas.
oOo

Il était encore en selle, devant la vieille chaumière de Granny. La jument renâcla et il lui flatta l'encolure pour la rassurer. Ou se rassurer lui-même ? Il connaissait les gens qui habitaient ici pourtant il ressentait un peu d'anxiété à l'idée de retourner dans la demeure.

Il secoua la tête et mit pied à terre, glissant sa fausse jambe en premier. Être handicapé vous apprenait à bouger différemment. Avant, il sautait presque du cheval pour descendre mais depuis l'accident – depuis douze ans maintenant – il avait réappris tout cela.
Prenant les rênes de l'animal, il marcha doucement jusqu'au porche. Il n'y avait aucun bruit, pourtant Neige avait dit qu'il serait là. Il s'approcha davantage et attacha la bête au poteau avant de récupérer le baluchon avec la tourte. Il monta les quelques marches et frappa à la porte.

« Neige ? Granny ? »
Personne ne lui répondit aussi ouvrit-il la porte. Il fronça les sourcils mais pénétra dans la demeure. Tout était bien rangé comme la première fois qu'il y était entré. Il fit quelques pas, faisant claquer sa fausse jambe sur le sol dans un bruit sourd, pour poser la tourte sur la table et avança jusqu'au canapé. Là, il se figea de surprise en découvrant Neige allongé sur le canapé. Il tendit la main pour le réveiller mais il se ravisa au dernier moment.

Le garçon était profondément endormi, un lourd ouvrage reposé sur son torse. Sa longue tresse était à moitié défaite et il ronflait très légèrement. Allistair sourit tendrement, il le trouvait mignon ainsi. Pourtant, il n'avait jamais trouvé de garçon « mignon », Eddric était un beau jeune homme et Liar, un des soldats de sa garde, avait les charmes d'un homme viril – dont il usait pour avoir des femmes de bonne maison dans son lit. Mais jamais il n'aurait accolé ce mot à un être masculin. Et pourtant. Perdu dans ses pensées, il sursauta quand la porte d'entrée claqua bruyamment.

Neige se redressa et leva des yeux surpris et apeurés vers lui. Il cligna des yeux pour se reprendre et avala doucement.

« Al-Albert ? Ooh pardon, j'étais endormi et...
- Je ne voulais pas te réveiller, s'excusa le prince avec un air contrit. Je euh personne ne me répondait alors je suis entré et, je n'ai pas refermé...
- Ce n'est pas grave. »

Neige lui sourit avant de s'étirer et de se lever du canapé. Il rangea le livre et s'approcha de son invité, les mains croisées dans le dos.

« Tu sembles aller bien mieux.
- Oui. Merci. »

Ils se regardèrent, gênés et silencieux. Allistair ne savait pas quoi dire et Neige non plus. Finalement, ce fut ce dernier qui amorça la conversation.

« C'est pour nous ?
- Hein ? De quoi ?
- Sur la table, indiqua Neige en pointant du doigt l'objet en question.
- Ah... oui, j'ai demandé à un ami de la préparer, avoua le prince. Je suis un piètre cuisinier. Je crois même que je pourrai me tuer en essayant mais Eddric est un magicien.
- Eddric ? C'est un des soldats de ton groupe ?
- Non, c'est le compagnon de Damian, avoua Allistair en riant. Une sacrée teigne qui peut faire plus peur que le capitaine ! »

Il s'arrêta dans sa phrase, rougissant légèrement. Il ne parlait jamais des penchants de Damian et là, il venait de le faire. Mais Neige ne semblait pas offusqué ou dégoûté. Le garçon osa même demander des précisions.

« Eddric et Damian sont... en couple.
- Oh ! Et les gens... ? demanda Neige avec surprise.
- Les gens ? Tu veux dire comment les gens réagissent parce que ce sont deux hommes ?
- Oui. Ici, à la campagne, on ne parle pas beaucoup de ça mais... ça arrive. »

Neige haussa les épaules, les joues rosées. Cela intrigua Allistair mais le prince décida de ne pas s'étaler sur le sujet.

« Les gens font comme s'ils ne voyaient rien et mes amis restent discrets et corrects.
- Et toi, tu en penses quoi ?
- Au début, cela m'a paru étrange, contre-nature et j'ai évité Damian quelques temps, avoua Allistair en baissant honteusement les yeux. Mais j'ai bien vite compris que je l'avais blessé. Il est mon ami, mon ami très cher et que je réagisse ainsi... »

Il soupira doucement.

« Nous avons discuté, longuement et j'ai compris qu'il était heureux avec lui même si Eddric le fait marcher sur les mains des fois ! »

Ils rirent, se sentant plus à l'aise. Neige s'approcha de la table et souleva le tissu. La tourte était tout juste tiède mais elle sentait divinement bon. Remettant le torchon, il lança un sourire à son camarade. S'il venait à lui avouer ses penchants, est-ce qu'il réagirait aussi bien qu'avec son capitaine ? Neige caressa doucement le carré de tissu, il choisit de ne rien dire. Après tout, il n'y avait rien entre eux. Ils se connaissaient si peu.

« Tu veux voir Tempête ? Je pense qu'il en sera très content.
- Oui ! dit le prince avec précipitation avant de se gratter la nuque et de dire plus doucement. Oui, j'ai l'habitude de le brosser tous les jours alors... il doit penser que je l'ai abandonné.
- Ne t'inquiète pas, je le rassure quand je le bouchonne. »

Neige rit doucement avant de l'inviter à le suivre dehors. Il commençait à faire chaud en cet après-midi d'été mais les arbres entourant la maison nichée dans la clairière, aidaient à rafraîchir les lieux. Ils marchèrent tranquillement jusqu'à la grange attenante et Allistair sourit en voyant son étalon mâchonner du foin.

« Granny lui a préparé un cataplasme avec des plantes pour favoriser la guérison, lui indiqua l'albinos.
- Merci. Hey salut mon beau. »

Le cheval releva la tête et hennit d'allégresse. Allistair sourit. Il reconnaissait le bruit de cette voix qui se faisait longue, montant et finissant dans les aigus. Tempête essaya de ruer légèrement mais sa patte lui faisait mal alors il se contenta de donner des coups avec sa large tête.

« Tu m'as manqué aussi. »

Neige lui montra le mur en bois à côté où il y avait des outils. Allistair s'approcha et inspecta le matériel avec hésitation.

« Ils sont assez vieux mais Ting ne s'en plaint jamais, sourit Neige avec hésitation. »

Le prince prit le cure-pied. Il tourna l'objet dans sa main avant de retourner auprès de son étalon. Un sourire tendre ourla ses lèvres alors qu'il se mit à panser Tempête. Neige s'écarta et s'assit sur le tabouret. Il s'était déjà occupé de Ting et de changer la paille des deux chevaux alors il se contenta d'observer le prince avec intérêt.

Le pansage prenait du temps et Allistair le prit. Dans sa vie au château, c'était le seul moment de calme et de solitude qu'il pouvait s'accorder. Donc après avoir curé les pattes de Tempête, il attrapa l'étrille puis aux différentes brosses avant de finir par peigner le crin fin et noir. Il sursauta quand Neige apparut de l'autre côté de l'animal pour lui caresser l'encolure.

« On voit que tu l'aimes beaucoup, sourit le garçon avec douceur.
- Il est mon meilleur ami. C'est un peu bête de dire ça...
- Pourquoi ? Nous, à la campagne, on fait attention à nos animaux parce que nos vies sont liées alors on les aime et on les traite avec amitié.
- Hm.
- Vous les gens des villes, vous êtes si bizarres des fois ! rit Neige avec amusement.
- Tu exagères un peu quand même, marmonna Allistair. »

Neige éclata de rire et secoua la tête. Il releva les yeux sur le prince et fit le tour du cheval. Allistair était plus grand que lui d'une demie-tête. Il lissa la crinière de l'étalon et déposa un baiser dessus.

« Est-ce que l'homme des villes serait partant pour une balade avec l'homme des champs ? » demanda-t-il avec malice.

Allistair le fixa avec surprise. Ce paysan se fichait de lui et cela le faisait rire ? Il ne sut pas quoi répondre et suivit Neige des yeux alors que ce dernier attrapait la scelle de son vieux cheval pour l'arnacher. Le prince flatta Tempête et lui murmura que c'était un étrange garçon à qui il l'avait confié. Cela le fit rire et il suivit le jeune homme.

Ils passèrent le reste de la journée à se promener. Une balade sous le couvert des arbres de Verteronce où Neige fit le guide en lui parlant des arbres, notamment comment sa famille avait réussi à en faire le commerce. Il dit avec fierté que Victor, son premier père, était très doué pour les sélectionner et avoir de très belles planches après coup. Ainsi la fratrie avait réussi à se faire un nom et ils gagnaient suffisamment d'argent pour bien vivre.

Allistair lui demanda alors ce que cela faisait d'avoir été élevé par sept pères. Neige parut réfléchir un instant avant de se mettre à rire. Il lui raconta alors sa enfance. Insouciante et passionnante. Chacun de ses parents lui avait appris quelque chose, même Till – le silencieux et simple d'esprit – que cela soit en relation avec le travail ou avec la nature. Neige s'était laissé bercer par toutes leurs histoires. Et Allistair en vint à l'envier, lui qui n'avait connu que la cour et ses intrigues, le poids de l'héritage.

« Tiens, regarde ! s'écria Neige en se redressant sur le cheval. Ça, c'est un vieux chêne qui a près de deux cents ans. C'est là qu'ils m'ont trouvé. »

Le prince leva les yeux sur le gros arbre noueux qui se dressait devant eux. Il ne connaissait décidément rien de la vie de son peuple...
oOo

Cela faisait trois semaines que Neige et Allistair passaient leur temps libre ensemble quand le prince s'échappait de Fresne. Neige lui avait demandé comment il faisait pour avoir autant de temps libre s'il était soldat sous les ordres du capitaine. La tête couronnée trouva un mensonge qu'il n'eut aucune honte à énoncer : il était le second de Damian et ils étaient en stationnement ici le temps que le prince termine sa tournée de la région.

« Mais pourquoi n'es-tu pas avec lui alors ? s'étonna le garçon. Avec le prince ?
- Eh bien... c'est Damian qui l'accompagne quand il le faut et moi, je reste à Fresne pour veiller sur le reste de la garde. »

Neige tourna son visage vers lui, perplexe. Allongés sur l'herbe, à quelques pas de la rivière, ils avaient pique-niqué ici, juste à l'ombre des
arbres.

« C'est à cause... de ta jambe ? » osa-t-il demander.

Allistair prit un air surpris. Il n'avait jamais pensé à ça. Il était vrai qu'un soldat avec une jambe en bois pouvait être une gêne mais, dans les troupes, il y avait des gars comme lui.

« Non, tu sais cela fait douze ans que je vis ainsi.
- Je ne sais pas si je pourrai vivre ainsi, avoua Neige en baissant les yeux sur ses propres jambes. Je fais tellement de choses, je n'aime pas rester en place...
- C'est une habitude à prendre et le prince m'a trouvé d'excellents artisans pour mes jambes, sourit Allistair. Et puis, à l'époque, ils ont sauvé mon genou alors je n'ai pas tant perdu en mobilité. »

Le silence fit place à cet aveu et aucun des deux n'osa le briser pendant de longues minutes. Puis Neige finit par se lever. Il commença à retirer sa chemise, la passant par dessus sa tête. Allistair le regarda, intrigué et gêné à la fois. Depuis quelques jours, Neige lui semblait bizarre. Plus proche de lui sans l'être réellement. Le garçon lui souriait souvent. Cela ne le dérangeait pas mais il commençait à se sentir étrange en sa présence.

« Qu'est-ce que tu fais ?
- Je vais me baigner, pardi ! Viens, Albert, l'eau est bonne à cette époque.
- Se... baigner, répéta Allistair avec hésitation. Tu es sûr ? »

Il rougit vivement quand, sans aucune pudeur, Neige retira son pantalon pour le jeter à côté. Il le fixa alors que le jeune homme était nu, de dos. Sa longue tresse lui battait les reins, juste au niveau de... ses fesses. Allistair avala difficilement et respira lentement. Le garçon tourna un visage souriant vers lui et l'invita à nouveau.

« Retire ta fausse jambe et viens ? »

Neige avait dit cela si simplement qu'Allistair ne sut quoi répondre. Le noble se mordit la lèvre du bas et hésita un long moment. Il posa les yeux sur ses membres inférieurs puis les releva sur le jeune homme.

« Je ne suis pas certain... »

Neige se retourna, offrant à la vue du prince l'intégralité de son corps mince et pale. Allistair sentit ses joues chauffer tout comme le bas de son corps et il détourna les yeux tandis que le garçon s'asseyait devant lui.

« Neige, je n'ai pas l'habitude de tout ça.
- Albert... tu es un soldat, rétorqua-t-il en posant les mains sur ses hanches. Tu devrais avoir l'habitude ? Te baigner avec les autres dans une rivière, non ?
- Pas vraiment...
- Oh. »

Neige prit une expression embêtée. Il se tourna pour s'asseoir juste à côté du prince en remontant ses genoux contre son torse. Allistair se sentit un peu mieux.

« Albert..., commença le garçon. On se connaît pas depuis longtemps mais je ne te jugerai pas, tu sais. »

Le prince soupira doucement, croisant les mains sur ses cuisses tandis que Neige se relevait pour aller dans l'eau. Il le suivit des yeux et ne put s'empêcher de penser qu'il était beau. Le corps disparut dans l'onde claire et fraîche et Albert resta seul sous l'arbre. Neige ne s'était pas moqué de lui lorsqu'il était monté à cheval avec sa prothèse, il n'avait rien dit quand il s'était agenouillé difficilement pour ramasser son arc lors d'une sortie de chasse. Même lorsque le jeune homme lui avait appris les choses de la Nature qu'il ne connaissait pas, il ne l'avait pas pris pour un idiot de citadin. Certes, le prince s'était déjà montré nu devant une courtisane et Damian mais montrer son handicap à Neige... ? Il se rappela de ses paroles : Faible ? Il te manque une jambe et alors ? , le garçon les avait prononcé avec une telle sincérité ! Il pouvait bien aller se baigner avec lui...

Il prit une grande inspiration et commença à délacer son pantalon. Il souleva ses fesses pour faire glisser le tissu jusqu'aux genoux. Il lança un regard hésitant à Neige qui se baignait avec délice dans l'eau et il reprit son activité. Le vêtement ne pourrait pas passer le pied de bois alors il commença à défaire les ceintures sur sa cuisse. Une fois fait, il tira sur le pied et enleva la prothèse pour la poser délicatement près de lui. Il plia la pièce de cuir qui protégeait sa cuisse puis celle sur le moignon.

L'eau n'était pas si loin alors après avoir retiré le reste de ses affaires, il glissa sur l'herbe de manière peu élégante pour arriver sur les petits rochers polis. Il glissa son pied dans l'eau et frémit. Elle était fraîche et agréable. Puis lentement, il pénétra dedans.

« Je savais que tu viendrais ! s'emporta Neige avec un enthousiasme qui le fit sursauter.
- Neige ! gronda Allistair en manquant de boire la tasse.
- Pardon, pardon... »

Le garçon l'aida à se redresser dans un éclat de rire.

« Tu sais, dans l'eau, que tu aies une jambe ou deux, c'est pas un souci !
- Je sais, les médecins me disaient d'aller nager après l'accident.
- Et tu le faisais ? s'enquit-il.
- Pas vraiment, avoua le prince en s'asseyant dans le lit de la rivière jusqu'à avoir de l'eau jusqu'à la moitié du torse. J'avais... honte de ma condition. Il n'y a que Damian qui pouvait m'approcher, j'étais irascible et détestable.
- C'est normal, souffla Neige en nageant un peu plus loin. Ta vie allait changer.
- Oui et je n'aimais pas les changements, grogna Allistair. Encore maintenant j'ai du mal mais je fais attention... pour ne plus blesser les autres par des mots haineux. »

Il se laissa aller en arrière pour se mouiller la tête. Il plaqua ses cheveux courts et bruns en arrière sur son crâne et tenta de nager un peu. En quelques mouvements de brasse, il arriva au niveau de son camarade. Il ne pouvait pas vraiment battre des pieds puisqu'il lui en manquait un mais Neige avait raison : dans l'eau, ce n'était pas si important. Il se sentait léger et soulevait par le liquide cristallin.

« Attention à ne pas te laisser emporter par le courant, sourit Neige en s'approchant de lui. »

Le prince tourna les yeux vers lui et sourit. Il posa un pied sur le fond de la rivière et une main sur l'épaule de Neige. Il se rapprocha légèrement de lui et put voir les rougeurs s'intensifiaient sur ses joues pales.

« Je suis sûr que tu plongerais pour m'éviter de boire la tasse, rit Allistair.
- Pour sûr ! Après, je devrais aller expliquer au capitaine pourquoi tu ne reviens pas à Fresne. »

Neige fit une grimace qui tira un rire joyeux et sincère à Allistair. Le prince approcha sa tête de la sienne et il plongea les yeux dans les siens.

« Merci de t'occuper si bien de moi !
- De-De rien. »

Neige était comme hypnotisé par les yeux bleus du noble et il finit par secouer légèrement la tête pour se détacher de lui. Il l'arrosa alors avec jeu et les deux hommes profitèrent du moment pour rire aux éclats comme deux enfants.



En revenant chez Neige, bien plus tard en fin d'après-midi, Allistair se sentait étrangement bien. Ils avaient fini par se laisser sécher sur la roche et le prince avait revêtu sa prothèse sans se cacher.

Monté sur sa jument, il souriait à Neige qui avait mis pied à terre.

« Merci pour cette journée.
- Je me suis bien amusé, aussi ! Il faudra qu'on refasse cela. »

Neige gardait les mains dans son dos. Ses longs cheveux étaient encore mouillés.

Allistair fit faire un pas au cheval avant de tirer sur les rênes.

« Tu... Ça te dirait de venir manger avec moi au château ? Enfin avec Eddric, Damian et moi ? »

Le prince rougit légèrement, il était bien téméraire de poser une telle question surtout que les autres pourraient l'appeler « prince » et détruire tout ce qu'il avait construit.

« Avec toi ? A Fresne ?
- Oui. Une soirée entre... amis ? avança le prince avec hésitation.
- Pour-Pourquoi pas ? Mais je ne pourrais pas rester trop tard, Granny s'inquiéterait.
- Rassure-la : si cela s'éternise, nous te garderons pour la nuit. »

Le prince lui sourit et Neige le lui rendit.

« Entendu. Alors... quand ?
- Dans trois jours, je viendrai te chercher. »

Neige se recula d'un pas et Allistair talonna sa jument pour la faire trotter. Maintenant, il fallait qu'il demande à Damian et Eddric. Sans doute devra-t-il négocier et leur octroyer quelque chose en échange mais l'idée de passer une soirée en compagnie de Neige lui plaisait.
oOo

Assis à table, Neige se tortillait les doigts sous la nappe. Allistair était à côté de lui tandis que Damian était en face. Eddric finissait d'amener les plateaux.

« Alors comme ça, c'est toi qui as aidé cet idiot d'Albert ? déclara Eddric avec un sourire moqueur envers Allistair.
- O-oui, répondit timidement Neige.
- Allons, tu ne vois pas que tu lui fais peur ? grogna Allistair.
- Il ne faut pas, sourit Eddric avec plus de douceur. Je ne suis cruel qu'avec ces deux idiots.
- Et toute la troupe.
- Et toutes tes troupes, mon chéri, c'est vrai. »

Ils rirent, laissant ce pauvre Neige de plus en plus perdu. Le garçon avait l'habitude des repas où les piques fusaient mais c'était en famille, avec ses pères et cousins. Là, il ne connaissait qu'Allistair – Allistair qui continuait de se faire appeler Albert.

« Allons, au lieu de palabrer, si nous commencions le repas ?
- Je te laisse servir tout le monde. »

Eddric se laissa tomber sur son siège et observa Neige avec intérêt. Allistair n'arrêtait pas de parler de lui et de leurs longues balades. Jamais le prince n'avait accordé de temps – autant de temps – à quelqu'un. Un garçon. Le prince n'avait d'ailleurs jamais montré d'intérêt pour la gente masculine, il se targuait au contraire de conquêtes jusqu'à ses fiançailles avec Catherine trois ans plus tôt. Alors il chercha à savoir ce que cet étrange jeune homme pouvait bien avoir d'intéressant. Il dut avouer que malgré ses airs de campagnard, Neige était mignon. Ses petits yeux rosés, sa bouche rieuse, son nez en trompette et ses cheveux blancs qui avaient l'air si doux, cela lui donnait du charme. C'était son albinisme qui le rendait charmant. Et sa timidité même si le cuisinier devait bien avouer que Damian, Allistair et lui réunis était assez intimidant.

Neige avait dû sentir le regard du cuisinier sur lui car il leva les yeux, intrigué, vers lui. Eddric sourit et secoua doucement la tête.

« Allons les hommes, arrêtez de parler armes et campagnes, vous voyez bien que Neige et moi n'y comprenons rien ! railla-t-il en reprenant son repas.
- Ça ne me dérange pas, s'empressa de dire Neige. Chez moi, nous ne parlons que de planches en bois et de comptabilité... parfois mes pères se moquent les uns des autres et Granny est obligée de les gronder comme des enfants.
- Oh ! C'est vrai que tu as sept pères ! s’exclama Damian. Al nous a un peu parlé de toi.
- Je parie que tu as été gâté comme un prince, rit Eddric. »

Neige rougit vivement et marmonna dans sa barbe.

« Je te taquine mais il est vrai que les hommes peuvent se montrer faibles devant un nourrisson et tu devais être si mignon ! reprit Eddric avec humeur.
- Je n'ai pas eu droit à tout ! contra Neige en essayant de se justifier. Je me suis fait gronder et ai pris de belles fessées.
- Hum, je n'en ai jamais pris, souffla d'un air songeur le cuisinier en glissant un regard à son amant. »

Ce dernier se racla fortement la gorge tandis qu'un rire clair passa les lèvres d'Eddric.

« Tu es intenable », grogna le capitaine.

Eddric se pencha à son oreille et lui murmura quelque chose qui fit rougir Damian et le fit bougonner en même temps.
Neige éclata de rire, oubliant la taquinerie pour profiter de la soirée. Ils reprirent leur repas jusqu'à ce que le capitaine ne sorte une bouteille et servit Allistair et Eddric. Il hésita en regardant Neige. Ce dernier prit une moue vexée et tendit son verre. Damian jeta un coup d’œil à Allistair qui se contenta de hausser les épaules, et il remplit le gobelet aux trois-quarts.

« Il tape un peu celui-là, le prévint le grand gaillard. Il est fait par l'oncle d'Eddric.
- Mandrain, mon père, fait aussi son alcool, fanfaronna Neige. Quand on fait des repas de famille, il amène un tas de bouteille ! »

Les trois hommes face à lui échangèrent un regard de connivence tandis que Neige buvait une première gorgée. Celle-ci lui donna
légèrement le tournis mais il reprit son repas pour ne rien laisser paraître. Damian sourit en coin avant de boire à son tour. Allistair commença à s'inquiéter et Eddric se contenta de manger. Après tout, Neige était adulte.

Le reste de la soirée se passa dans la bonne humeur. Le plus jeune commença à se sentir à son aise et, l'alcool aidant, participa joyeusement à la conversation. Cette dernière fusait à grands cris sur tout et n'importe quoi. Le repas et le dessert furent engloutis ; les verres se vidaient et se remplissaient également et Neige, sa tête lui tournant, riait aux éclats pour un rien. Ce n'était que son second verre mais il était déjà ivre. Les trois autres tenaient bien mieux l'alcool.

« Tu devrais aller coucher ta douce, murmura Eddric à l'oreille du prince.
- Tu as raison ! sourit-il sans vraiment relever le qualificatif. Je... peux rester ici ? »

Il papillonna avec un sourire enjôleur.

« Quoi ? Ton Altesse ne veut pas montrer sa superbe suite au château ?
- Ssshhhhhtt ! Eddric, je t'en prie... s'il te plaît...
- Je gagne quoi ?
- Je-Je sais pas, tu veux quoi ? »

Eddric tourna les yeux vers son amant en grande conversation avec Neige. Un sourire se dessina sur ses lèvres et il se pencha sur Allistair.

« Tes appartements.
- Mes quoi ?
- Tes appartements, chez le seigneur Gustave, répéta le cuisinier. Pour tout le restant de notre séjour ici. »

Allistair le fixa d'un œil torve.

« Cela jouera en ta faveur, ajouta Eddric avant de continuer en détachant chaque syllabe. Tu n'es que soldat. »

Allistair se tendit avant de gémir doucement. Il jeta un coup d’œil vers Neige et signifia son accord par un hochement de la tête.

« Entendu.
- Comment ?
- C'est bon, tu auras ce que tu veux ! »

Le silence se fit et le prince rentra la tête dans ses épaules alors que trois paires d'yeux étaient braqués sur lui. Il inspira doucement et expira longuement avant de se lever. Sa jambe commençait à lui faire mal alors lui aussi en profiterait pour dormir. Il était tard et la journée avait été longue.

« Allons, on va aller te mettre au lit !
- Pourquoiiii ? s'exclama Neige.
- Parce qu'il est tard et que demain, tu regretteras d'avoir bu. »

Neige gloussa en finissant son verre. Tout en y allant doucement, Allistair l'aida à se lever sous le regard amusé de Damian et Eddric. Le prince passa un bras sous les aisselles du jeune homme et le conduit à l'escalier. Avant de monter la première marche, il lança à Eddric.

« La clef est dans ma bourse. »

Il n'attendit pas la réponse et grimpa avec précaution à l'étage. Ils mirent un peu de temps à cause de la raideur dans la jambe d'Allistair qui le faisait boitait plus que d'habitude, et de la stabilité précaire de Neige mais ils réussirent. La chambre était plongée dans le noir presque complet. Seule la pale lumière de la lune éclairait l'endroit par les volets entre-baillés.

« Allons, fais un petit effort et aide-moi ! grogna Allistair.
- Je n'ai même pas remercié Eddric et Damian, geignit Neige en avançant à tâtons.
- Ce n'est pas grave. »

Allistair entendit Neige glousser à nouveau avant de le pousser jusqu'au lit qu'il devinait à peine un mètre devant eux. Un cri de stupeur passa sa bouche alors qu'on l’agrippait par la chemise. Il sentit Neige contre lui alors que le garçon enroulait ses mains autour de sa nuque.

« Nei-Neige, qu'est-ce que... ?
- Tu es si gentil avec moi, souffla le garçon. Et je t'apprécie beaucoup, tu sais.
- Je euh. »

Allistair ne savait pas quoi faire. Le corps du garçon contre lui le faisait frémir d'une délicieuse façon et sentir ses doigts fins jouer avec les petits cheveux à la base de sa nuque le faisait frissonner. Son cœur rata un battement quand les lèvres de Neige se posèrent sur les siennes. Allistair se tendit, nerveux et hésitant. Neige resserra sa prise autour de son cou et se pressa davantage contre lui.

Le prince pouvait sentir le goût du vin dans le baiser et ses mains se posèrent sur les hanches du garçon. Son cœur battait fort dans son torse et il se mit à répondre aux lèvres délicieuses. Un frisson remonta dans son dos et un gémissement remonta dans sa gorge. Il avait chaud et la tête lui tournait. Ses sens lui semblèrent exacerbés... Quand Neige ouvrit la bouche sous la caresse de sa langue, le prince l'entraîna dans un ballet brûlant.

« Albert... »

Il se figea et se recula un peu, stoppant Neige.

« Al-Albert ? »

La voix de Neige était un souffle tremblant et Allistair se contenta de prendre son visage dans ses mains en coupe avant de l'embrasser sur le front, paternel.

« Tu devrais te coucher, il se fait tard. »

Neige se raidit contre lui et le repoussa pour se glisser sous les draps du lit. Allistair secoua doucement la tête, il devait l'avoir vexé mais le prince avait senti la panique le gagnait quand Neige l'avait appelé par son prénom d'emprunt. Il soupira à nouveau et s'assit sur le lit. Un rire passa ses lèvres alors que de légers ronflements s'élevaient dans la chambre. Neige venait de s'endormir. Lourdement.

Avec difficulté puisqu'il n'y voyait rien et qu'il était un peu saoul, il parvint à retirer sa fausse jambe et à se coucher dans le lit. Demain serait un autre jour. Il pourrait repenser à ce baiser plus tard. En attendant, il se laissa bercer par les petits bruits de son camarade et il tomba dans le sommeil à son tour.

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